Que retenir de l’histoire de la petite sirène ?

Les dessins animés font partie intégrante de notre enfance à tous et d’une certaine manière ils contribuent à notre apprentissage. Comme le disait Bruno Bettelheim (1976) : « Bien loin de manifester des exigences, le conte de fées rassure, donne de l’espoir pour l’avenir et contient la promesse d’une conclusion heureuse ». Ils ont un rôle éducatif certains et renforcent notre inconscient en nous apprenant que la vie est parfois difficile, qu’il y a des conflits auxquels ont devra faire face, mais qu’il y a des solutions. En s’attachant et s’identifiant à un personnage, on intériorise les messages inconscients que celui-ci véhicule dans l’histoire et on se construit sur certaines de ces bases.

Que retenir de l’histoire de la petite sirène ?

IL ÉTAIT UNE FOIS UN CONTE DE SIRÈNE !

Mais qu’est-ce que « La petite sirène » nous apprend ? Cela dépend dans un premier temps de la version. En effet si la version de Disney est largement plus répandue chez les enfants de nos jours, elle reste tout de même assez éloignée du conte original d’Anderson. En toute logique, les deux versions de la même histoire ne nous apprennent donc pas la même chose. Ainsi dans un premier temps, nous parlerons de la petite sirène d’anderson suivie de la version de la petite sirène de disney. Pour finir, une conclusion viendra synthétiser l’ensemble de l’article.

Bonne lecture à vous ! 🙂


La petite sirène d’Anderson 


C’est l’histoire d’une enfant sirène rêveuse vivant auprès de son père, le roi de la mer, sa grand-mère et ses sœurs. Elle est fascinée par la vie sur terre, jusqu’à en faire une obsession et tombe amoureuse d’un prince qu’elle sauve de la noyade et pour qui elle accepte de se faire arracher la langue en échange d’une paire de jambes. La transformation est par ailleurs très douloureuse, « comme si une épée lui tranchait la nageoire en deux » et chaque pas qu’elle fera en tant d’humaine sera un calvaire. De plus, le prince en épousera une autre ce qui brisera le cœur de la petite sirène. Ses sœurs lui proposeront alors de tuer le prince pour redevenir une sirène, mais elle refusera, se sacrifiera, mourra pour rejoindre le ciel.

Cette histoire originelle, adapté en dessin animé par le japonais Tomoharu Katsumata (« Marina la petite sirène »), serait la métaphore de l’enfant qui veut grandir trop vite et idéalise sa vie future. La terre serait alors l’âge adulte, la liberté et la mer le monde de l’enfance, contrôlé et dirigé par les adultes. Ce conte apprend aux enfants la dure réalité de la vie et fait comprendre, par sa fin tragique et toutes les souffrances endurées, qu’il n’est pas bon de vivre dans le fantasme ou d’être sans cesse tributaire de ses désirs. Inconsciemment, cela incite l’enfant à se confronter à la réalité.

Au-delà de ça et dans un contexte purement lié aux mœurs de l’époque, il est intéressant de constater que « pour une fois [que] c’est l’héroïne qui choisit l’homme auquel elle se destine et non pas l’inverse, elle échoue ».


La petite sirène de Disney


Il s’agit d’une jeune et très belle sirène. Ariel est d’un naturel curieux et s’interroge plus particulièrement sur le monde des humains. Elle tombe alors amoureuse d’un prince qu’elle sauve de la noyade et pour le rejoindre, elle ira jusqu’à passer un marché (donner sa voix en échange de jambes) avec la sorcière des mers. La sorcière, qui tente alors de piéger Ariel pour l’empêcher de réussir et récupérer le pouvoir du roi de l’océan (roi Triton, père de la petite sirène), fini par se faire démasquer et vaincre. Elle termine éventrée par la proue d’un bateau conduit par le prince. Ariel l’épouse ensuite dans la joie et la bonne humeur.

La petite Sirène (VF)

Ici pas de souffrance lié à un amour non partagé, pas d’organe arraché et aucune lame de rasoir pour faire souffrir Ariel à chaque pas sur terre. Dans cette histoire, la gentil princesse courageuse et généreuse ne peut qu’être aimé en retour et si d’aventure cela devait tourner mal, ce serait à cause d’une vilaine sorcière. Ursula (la sorcière des mers) déclare d’ailleurs à la fin du film : « Les vagues obéissent à mes moindres désirs. Le peuple de la mer plie devant mon pouvoir. Vive le naufrage de l’amour ! ». Néanmoins il est intéressant de constater que dans ce film la demoiselle en détresse c’est le prince qui sera par deux fois sauvé par Ariel avant que celui-ci ne la sauve en retour. Pour un enfant, il est donc facile de conclure que les « gentils » gagnent toujours ou, plus particulièrement dans ce film, que les « gentils filles » trouvent toujours un mari. Encore une fois c’est très représentatif de l’époque à laquelle est sorti le film. On perd aussi toute notion de danger face au fantasme et aux désirs incontrôlés, puisque les rêves de la petite sirène sont bel et bien devenu une réalité.


Que retenir des 2 histoires ?


En conclusion, les histoires que nous racontons à nos enfants ne sont pas sans importance. Que ce soit grâce à une fin joyeuse ou triste, les contes apprennent à nos enfants à se construire des mécanismes de défenses qui leur serviront à l’âge adulte. Ils permettent de comprendre certaines de leurs peurs ou de leurs problèmes et d’y apporter des solutions sans même qu’ils ne s’en rendent compte. Or si les fins heureuses nous plaisent d’avantage que ce soit en tant qu’adulte, ou en tant qu’enfant, qu’est-il préférable d’apprendre ? Que vivre dans la réalité est important ? Ou que les gentils gagnent toujours ? Car dans les deux histoires la petite sirène n’est en réalité d’une jeune fille à moitié nue qui tombe amoureux d’un humain parce qu’il est beau (et riche ?), puis qui sacrifie tous pour le séduire et se faire embrasser par un homme plus âgé qu’elle connaît à peine.

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